Après les tensions survenues dans le secteur du lait cet été, d’autres filières agricoles sont plongées dans une situation extrêmement difficile. Quelles solutions sont envisagées pour soutenir le revenu des productions les plus en difficultés ? Jean-Michel Lemétayer fait le point sur une rentrée agricole chargée.
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Extraits de l'interview de Jean-Michel Lemétayer pour Le Figaro Economie - 01/09/2010
Propos recueillis par Eric de la Chesnais
"Loi de modernisation agricole (LMA), prix du lait, hausse des céréales, sans oublier la sécheresse. A l'occasion de la rentrée de la FNSEA, son président, Jean-Michel Lemétayer revient sur les sujets qui ont marqué l'été.
Le Figaro - Comment abordez-vous cette rentrée ?
Jean-Michel Lemétayer - La situation agricole, même si quelques indicateurs de marché sont meilleurs que l'an dernier, reste difficile. Je pense notamment aux éleveurs laitiers ou à ceux de la viande porcine ou bovine. Ils sont doublement pénalisés. Non seulement ils agissent dans un marché très dégradé, mais en plus ils doivent faire face à la sécheresse qui a entraîné une hausse du coût de l'alimentation animale.
Comment redresser la barre ?
L'ensemble des acteurs économiques, qu'ils soient transformateurs ou distributeurs doivent comprendre qu'il ne peut y avoir un avenir durable pour l'agriculture française sans un niveau de prix rémunérateur pour le producteur. Comment voulez-vous que le producteur de porcs français s'en sorte s'il vend en dessous de son prix de revient ? Il est illusoire de penser que le marché va tout régler. La distribution doit accepter des hausses. Cela a été le cas après l'accord intervenu le 18 août qui revalorise le prix du lait pour l'éleveur. Il faut sortir de la logique du prix le plus bas. On détruit de la valeur ajoutée et des paysans.
La LMA peut-elle être un début de réponse en France ?
La contractualisation prévue dans la loi de modernisation agricole (LMA) adoptée en juillet doit se faire filière par filière. Nous y travaillons en ce moment avec les industries agroalimentaires. Les interprofessions doivent prendre, elles aussi, leur responsabilité, comme cet été, dans le melon. Quant au ministre, il doit maintenant concrétiser ses propositions de développement des filières dans un cadre budgétaire précis. [...]"
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