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décembre 08, 2011

« Le Gouvernement ne veut plus d’irrigation »

Interview Pascal Ferey, président de la Commission Environnement de la FNSEA sur la problématique de l’eau

Contrairement aux engagements du président de la République, en juin dernier, le Gouvernement a décidé de limiter considérablement le développement des capacités de stockage. Quant à la redevance sur les prélèvements, le projet de loi de Finances 2012 prévoit de l’augmenter significativement.

La FNSEA est très mobilisée sur les dispositions « Eau » du projet de loi de Finances pour 2012, qui pourraient impacter fortement les exploitations agricoles. Qu’est-ce qui vous préoccupe ?
Pascal Ferey : Le Gouvernement souhaite augmenter significativement la redevance pour prélèvement d’eau qui va renchérir le coût de l’irrigation. Aujourd’hui, dans certaines zones ou pour certains types d’irrigation (gravitaire en particulier), les Agences de l’eau ont retenu des taux très bas de redevance. Ces taux sont remis en cause par le Gouvernement, au mépris de la prise en compte élémentaire des spécificités locales des territoires.
D’autre part, le stockage de l’eau fait à l’heure actuelle partie des priorités d’intervention des Agences de l’eau, qui peuvent donc y consacrer des financements. Le Gouvernement a proposé de changer les textes pour que le stockage ne soit plus une priorité pour la période 2013-2018. C’est dramatique !

Le Président de la République avait pourtant fait des annonces ambitieuses en juin dernier, qu’en est-il ?
PF : En pleine sécheresse, le Président de la République Nicolas Sarkozy a pris toute la mesure des difficultés rencontrées en particulier par les éleveurs, qui manquaient cruellement de fourrage pour nourrir leurs animaux. Il a en conséquence annoncé des mesures ambitieuses pour pallier au manque d’eau, et notamment pour mobiliser la ressource et développer le stockage. Mais ces annonces semblent aujourd’hui remises en cause par le Gouvernement : non seulement la redevance serait augmentée et le stockage ne serait plus une priorité, mais le plan annoncé par les ministres de l’Ecologie et de l’Agriculture pour concrétiser les annonces présidentielles n’est pas à la hauteur des enjeux ! Le volet concernant la réalisation de retenues ne représente que 10% des besoins en stockage. En cas de nouvelle sécheresse, cela n’aura que peu d’effets… C’est particulièrement inquiétant lorsqu’on entend les météorologues qui tirent la sonnette d’alarme et annoncent des épisodes de sécheresse de plus en plus fréquents.

Quelles actions menez-vous pour faire évoluer la situation ?
PF : Les amendements au projet de loi de finances ont été introduits par le Gouvernement. La FNSEA, avec l’APCA et JA, a donc écrit au Premier Ministre pour lui rappeler les engagements pris par le Président de la République et lui demander de supprimer les deux dispositions problématiques. Nous resterons évidemment très vigilants au cours du débat parlementaire, pour éviter toute disposition néfaste pour les exploitations agricoles. Nous devons sans cesse rappeler des éléments pourtant fondamentaux mais qui semblent parfois oubliés : l’eau est une ressource très précieuse pour les agriculteurs ; sans eau, pas de production agricole, et sans production agricole pas de nourriture. L’irrigation, si souvent décriée, est un moyen de sécuriser les productions en qualité et en quantité, malgré les aléas climatiques. Au-delà du secteur de la production primaire, c’est toutes les entreprises d’amont et d’aval qui sont concernées, avec évidemment des conséquences sur l’emploi et sur l’équilibre des zones rurales. N’oublions pas que l’agriculture et l’agroalimentaire sont des secteurs économiques stratégiques pour notre pays.

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août 02, 2011

« Les mesures de solidarité mises en œuvre sont à la hauteur de la crise »

La sécheresse du printemps a brûlé les futurs stocks de fourrage des éleveurs. Le réseau FNSEA/JA se mobilise depuis trois mois pour obtenir des mesures de soutien gouvernementales et organiser la contractualisation et la livraison de paille entre céréaliers et éleveurs. Le secrétaire général adjoint de la FNSEA, Jérôme Despey, dresse un premier bilan de cette opération « Sécheresse 2011 ».


Trois questions à Jérôme Despey,

secrétaire général adjoint de la FNSEA



Quel premier bilan dressez-vous après trois mois de mobilisation pour aider les éleveurs touchés par la sécheresse ?

Jérôme Despey : Alors que toutes les productions et toutes les régions sont impactées par la sécheresse qui a sévit durant le printemps, le réseau FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA) a su une nouvelle fois défendre la profession agricole en proposant et en mettant en œuvre des mesures de solidarité à la hauteur des enjeux de cette crise. Nous sommes entièrement mobilisés pour la mise en œuvre opérationnelle de ces actions envers les éleveurs, avec le souci de la plus grande efficacité possible.
Nous avons levé de nombreux obstacles et obtenu de précieux acquis tels que des mesures de trésorerie, des dérogations et la gratuité des péages autoroutiers pour le transport de fourrage, la mobilisation de la SNCF, l’utilisation des jachères, des dérogations aux mesures agro-environnementales (MAE) ou encore la possibilité de la reconnaissance de calamité agricole.
41 départements sont reconnus en calamité agricole à cause de la sécheresse depuis le 12 juillet. Et les pouvoirs publics sont favorables aux versements d’avances sur les indemnités prévisionnelles calamité. Nous continuons à tenter d’obtenir que les modalités de calcul des pertes subies en fourrage ne pénalisent pas les éleveurs disposant à la fois d’herbe et de maïs fourrage.
La FNSEA et les JA ont en outre demandé très récemment à Bruno Le Maire (ministre de l’Agriculture, ndlr) des dégrèvements d’office de Taxe foncière sur les propriétés non bâties pour l’ensemble des agriculteurs.
Enfin, nous avons obtenu le report des annuités 2011 des emprunts contractés par les exploitants dans le cadre du Plan de soutien exceptionnel à l’agriculture (PSEA) de 2009. Nous continuons à discuter avec le gouvernement pour obtenir un réaménagement structurel de ces prêts.
Cependant, que les agriculteurs en soient bien assurés : à la rentrée et à l’issue de la mise en œuvre de ces solutions de court terme, nous ferons les comptes.

Où en est-on de la contractualisation des volumes de paille entre céréaliers et éleveurs ?

Jérôme Despey : Dès le début de la mobilisation, le réseau FNSEA/JA a fixé des règles vertueuses pour la contractualisation de la paille entre départements offreurs et départements demandeurs, afin d’éviter toute spéculation sur ce marché. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que le marché de la paille s’est tenu et ce sont plus d’1 million de tonnes de paille qui ont déjà été contractualisées.
L’Association des Régions de France (ARF) a également demandé à tous les Conseils Régionaux d’activer leurs fonds de garantie dans le cadre des opérations collectives d’achat de paille par les départements demandeurs, en particulier pour se porter caution des engagements financiers consentis par les FDSEA. Nous appelons d’ailleurs les FDSEA, FRSEA et JA à contacter leur collectivité si cette mesure n’est pas encore opérationnelle dans leur région.

Comment s’organise aujourd’hui le transport routier et ferroviaire de la paille ?

Jérôme Despey : L’accord intervenu récemment entre SNCF Géodis et la FNSEA a permis d’identifier un nombre limité de liaisons prioritaires, appelées sillons, sur lesquelles sont affrétés des trains de paille pour les plus longues distances, en contrepartie de tarifs de transport à prix coûtant. Nous optons pour les sillons les plus rationnels, les moins coûteux et au bénéfice du maximum de départements demandeurs. Nous invitons d’ailleurs ces derniers à mutualiser au mieux les coûts de transport entre la route et le fer.Sur la route, la gratuité des péages est garantie sur présentation par le transporteur d’un certificat de gratuité, élaboré par la Chambre d’agriculture au niveau de chaque département et remis au transporteur par l’agriculteur ou ses représentants. Cet acquis important permet une répercussion financière directe sur la facture de transport que l’éleveur doit régler.






Plus d'infos sur http://www.fnsea.fr/
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juillet 01, 2011

Opération paille : une mobilisation sans faille !

100% du réseau FNSEA / Jeunes Agriculteurs est mobilisé bénévolement dans l’opération paille. Tous les départements sont en alerte et à l’heure actuelle, 650 000 tonnes de paille à ce jour ont été contractualisées, en plus des échanges intra-départementaux. L’acheminement est en cours dans de nombreux départements.

La mobilisation est un impératif absolu. Il s’agit de réduire les coûts de transport qui restent aujourd’hui trop élevés.

La FNSEA et Jeunes Agriculteurs appellent tous les transporteurs routiers, ferroviaires, fluviaux ainsi que les sociétés d’autoroutes, à prendre en compte les difficultés des éleveurs et à suivre l’effort collectif pour venir en aide à une profession qui souffre. C'est là un principe d’urgence !

A voir : des témoignages sur l'opération paille telle qu'elle s'organise dans les départements :

Opération Paille dans la Marne



Opération Paille dans la Manche



Opération Paille dans les Midi-Pyrénées




Opération Paille dans l'Oise



Le film de mobilisation de la FDSEA de la Somme



Toutes les infos sur http://www.fnsea.fr/
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juin 02, 2011

"Ensemble, nous pouvons beaucoup. Ensemble, nous pouvons surmonter cette épreuve"

Déclaration de Xavier Beulin sur la sécheresse



"La sécheresse est là en France, et, sans fatalisme ni pessimisme, la désolation s'installe dans les campagnes. En effet, au moment où les rayons du soleil ravissent la restauration, l'habillement et le tourisme, l'agriculture souffre.



A la FNSEA, nous avons engagé l'ensemble de notre réseau dans des opérations de solidarité visant à contractualiser de la paille de céréaliers à éleveurs. Ça marche mais ce n'est pas et ça ne sera pas suffisant.



Il faut faire plus, il faut faire mieux. Il s'agit de mobiliser l'ensemble des acteurs et avouons-le, toute initiative solidaire va dans le bon sens.



De déplacements sur le terrain en visites d'exploitations, nous voyons les plus durs d'entre nous baisser les bras et nous ne pouvons pas l'accepter ! Des départements ont choisi de faucher l'herbe autour des routes, c'est utile. Certains de nos concitoyens donnent le foin issu de leurs parcelles, mêmes petites, il faut les en remercier. La SNCF pourrait rouvrir ponctuellement des gares rurales pour le fret de paille. Eh bien allons-y ! Pourquoi pas une action solidaire aux péages d'autoroute pour le transport de paille... gratuit. Quid de l'armée et de ses équipements pour nous aider ? Tout cela peut aller dans le bon sens et donner de l'oxygène aux paysans même s'il faut, avant, tout reconstituer les trésoreries des exploitations. Sur ce dernier aspect, le Gouvernement, l'Union Européenne, les banques, les organismes sociaux et les assurances sont attendus.


Ensemble, nous pouvons beaucoup. Ensemble, nous pouvons surmonter cette épreuve. Il y a la volonté et les gestes qui sauvent au premier rang desquels celui de ne pas broyer la paille disponible pour la garder afin de maintenir les animaux en vie. C'est essentiel et vital ! L'unité paysanne n'est pas un vain mot. Face à la sécheresse, face au destin, face au défi alimentaire, l'heure n'est plus à tergiverser, l'agriculture doit redevenir une grande cause nationale. J'attends du Président de la République les mots et les actes qui peuvent donner cet espoir et montrer le réel besoin d'agriculture. Dépassons les intérêts et les égoïsmes, l'urgence doit séparer l'essentiel de l'accessoire".




Xavier Beulin - Président de la FNSEA
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mai 06, 2011

Situation climatique inquiétante sur l'ensemble du territoire


« Nous devons établir des contrats sur la paille »


Trois questions à Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA sur la situation climatique.

Alors que les pluies se font attendre, Dominique Barrau demande aux départements d’élevage de se rapprocher des départements céréaliers pour sécuriser l’approvisionnement en paille et éviter les surenchères spéculatives.


Les effets de la sécheresse commencent à se faire sentir. Quelle est la situation réelle sur le terrain ?
Dominique Barrau : Je ne pense pas qu’on puisse parler encore de sécheresse, mais de situation climatique inquiétante sur l’ensemble du territoire dans les régions céréalières comme dans les zones d’élevage, à l’exception du Languedoc-Roussillon et du pourtour méditerranéen. A ce stade nous redoutons une grave sécheresse si la pluie n’arrive pas dans les jours qui viennent. A moins d’un renversement soudain de la situation, il faut s’attendre à une baisse significative des rendements aussi bien pour les cultures que pour les fourrages. Même l’arrivée de pluies régulières jusqu’en septembre ne corrigera pas l’intégralité des dégâts.

Que préconisez-vous pour soulager les agriculteurs et en particulier les éleveurs pour faire face à ce sinistre ?
DB : Effectivement les éleveurs sont dans une situation extrêmement délicate. Ils n’ont pas de stocks et leurs trésoreries sont exsangues. Aussi nous avons la volonté d’inciter les départements d’ores et déjà en déficit fourrager à se rapprocher des départements céréaliers pour contractualiser l’approvisionnement en paille, sur la prochaine récolte. La priorité est d’éviter la spéculation sur la paille, non pas celle des céréaliers mais celle des marchands de paille qui ne vont pas hésiter à « se faire du gras » sur le dos des éleveurs. Nous estimons que le prix de la paille devrait être payé à sa valeur agronomique au céréalier, c'est-à-dire entre 15 à 22 €/tonne, ce à quoi il faut ajouter le pressage, l’enlèvement et le transport. Ainsi les éleveurs seront sécurisés dans leur approvisionnement, sans redouter la surenchère des intermédiaires qui ne vont pas hésiter à faire entrer massivement des pailles d’Espagne à des prix excessifs.

Faut-il aller jusqu’à l’interdiction du broyage des pailles ?
DB : Nous n’en sommes pas encore là. Mais nous attendons des pouvoirs publics qu’ils se mobilisent auprès des autorités communautaires pour autoriser que les jachères puissent être fauchées. Du moins pour celles qui subsistent encore. Je compte surtout sur nos fédérations pour qu’elles soient partie prenante de cette opération de contractualisation de façon à ne pas laisser les agriculteurs seuls face à cette crise climatique qui s’annonce.
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